Pascal Plée est 6e Dan de Karaté. Il est le fils aîné de Maître Henry Plée. Il commença à pratiquer les Arts Martiaux à l’âge de 5 ans par le Judo et le Karaté à l’âge de 8 ans. Passionné par les Arts Martiaux japonais et chinois, il enseigne le Karaté, le Kung-Fu et le Taijiquan. Il représente en France Maître Yang Jwing Ming, expert en Arts Martiaux chinois et en Qigong.
Webmartial : Pouvez-vous vous présenter ?
Pascal Plée : Je suis le fils aîné d’Henry Plée. J’ai commencé à pratiquer les arts martiaux par le Judo à l’âge de 5 ans. Mon père m’a ensuite dirigé vers le Karaté (Shotokan) à l’âge de 8 ans. J’ai pratiqué également d’autres styles et disciplines comme le Karaté Goju-ryu et le Kendo entre 13 et 17 ans. J’ai commencé les arts chinois à l’age de 30 ans avec le Tai-chi Chuan (style Yang), le Kung-Fu (styles du Long Poing et de la Grue Blanche) et le Qigong. J’enseigne depuis que j’ai 17 ans et j’ai maintenant 43 ans.
Webmartial : Qu’elle est votre philosophie des arts martiaux ?
Pascal Plée : Aujourd’hui, le besoin d’utiliser les techniques martiales pour se défendre dans la vie de tous les jours est pratiquement inexistant par rapport aux temps anciens. S’entraîner uniquement dans un esprit d’autodéfense ne me paraît pas justifié. Je considère la pratique des arts martiaux comme un moyen de se sentir bien dans son corps et dans sa tête, d’être en harmonie avec les règles de la nature, de progresser spirituellement, de se maintenir en bonne santé et de se défendre si besoin est.
Webmartial : Quels sont les artistes martiaux vous ayant le plus impressionné ?
Pascal Plée : Lorsque je regarde quelqu’un pratiquer, je m’intéresse à ce qui se trouve au fond de son mouvement et non à l’apparence. Ce qui se dégage d’un mouvement vient de l’intérieur. Je connais peu de gens personnellement, mais j’ai apprécié les démonstrations de M. Christian Tissier en Aikido, M. Kubota en Karaté, M. Jean Frenette en Karaté artistique et en Karaté traditionnel, M. Obata en coupe de sabre japonais. L’artiste qui m’impressionne pour son savoir est M. Yang Jwing Ming avec qui je pratique les arts chinois régulièrement.
Webmartial : Votre pratique des arts chinois influence-t-elle votre karaté et en quelle manière ?
Pascal Plée : Il faut comprendre que je suis à la recherche du mouvement juste, logique et applicable. Certains mouvements ou certaines façons de les faire me semblent parfois illogiques dans la pratique du Karaté. Au début de mes recherches, je ne comprenais pas pourquoi certains blocages n’arrivaient pas à bloquer les attaques de mon partenaire alors que je faisais le mouvement comme on me l’avait demandé. Je ne comprenais pas également pourquoi personne n’utilisait les mouvements des kata dans les combats libres ou les compétitions alors qu’on me disait que le kata est un combat contre plusieurs adversaires. J’ai alors commencé à chercher la raison de tel ou tel mouvement, à appliquer tel ou tel mouvement d’un kata, on ne parlait pas de Bunkai à l’époque (application des mouvements dans un kata). Certains exercices classiques n’étaient pas logiques pour tel mouvement mais s’appliquaient bien à un autre. En rencontrant Maître Yang Jwing Ming en 1987, j’ai entendu un dialogue similaire à celui de mon père, une direction similaire à celle de mes recherches et des réponses ou des confirmations à mes questions. Persuadé qu’il fallait modifier ma pratique du Karaté, je continuais quand même à enseigner un Karaté classique pour ne pas dérouter mes élèves et pour ne pas être différent des autres, tandis que je pratiquais mes arts chinois (Kung-Fu du long poing, Kung-Fu de la grue blanche, Taijiquan, Tuishou, Qin na et Qigong). Plus j’avançais dans mes recherches et plus j’avais l’impression de mentir à mes élèves de Karaté. Progressivement, j’ai enseigné différemment au risque de les perdre. Mon Karaté actuel n’est pas saccadé comme le Shotokan que je vois à l’extérieur et j’utilise mon dos (colonne vertébrale, épaules) dans mes mouvements. Mes mouvements sont rapides sans toutefois faire claquer mon kimono. Mes mouvements sont naturels. Je n’ai pas le sentiment de détériorer le Karaté pour en faire un à la sauce Pascal. J’ai plutôt le sentiment de retrouver un Karaté ancien que nous avons perdu progressivement.
Webmartial : Avez-vous fait de la compétition étant plus jeune ? Si oui, quelles leçons en tirer ? Si non pour quelles raisons?
Pascal Plée : J’ai commencé le Karaté à l’âge de 8 ans dans des cours pour adultes. Il n’y avait pas de cours adapté à mon âge et le mauvais contrôle de mes partenaires plus âgés lors de combat me faisait préférer les kata. D’autre part, je n’aime pas me mettre en avant et n’aime pas l’esprit de compétition quel qu’il soit. J’aime progresser pour moi-même. Également, les règles de compétitions ne favorisent pas la pratique en conservant la richesse des techniques de l’art martial. Comprenez que les techniques martiales ont été faites pour tuer. Je ne vois pas comment les pratiquer en compétition. En ce qui concerne la compétition technique, les règles correspondent à des critères esthétiques et les mouvements me paraissent difficilement applicables en combat. Ces règles ne favorisent pas la différence d’opinion. C’est un monde fermé.
Webmartial : L’actuel Doshu de l’aïkido dit que « son art » est avant tout un budo de communication ? Qu’en pensez-vous ?
Pascal Plée : Je pense que tous les arts martiaux sont un moyen de communication. Que ce soit pendant la pratique avec ses partenaires, en enseignant ou lors de stages internationaux, peu importe l’origine de la personne avec qui l’on pratique, nous parlons le même langage. L’évolution de l’être humain passe par la communication et je pense que l’art martial est un moyen d’évoluer.
Webmartial : La pratique d’un art martial est souvent semée d’embûches (moins de 5% des élèves deviennent professeurs un jour), qu’elles seraient les recommandations à faire aux pratiquants, débutants et avancés qui voudraient aller plus loin dans la pratique ?
Pascal Plée : Le fait que peu de pratiquants deviennent professeurs un jour n’est pas dû aux embûches, tout le monde n’a pas l’envie de devenir professeur. Le fait que peu de pratiquants continuent longtemps est compréhensible car il faut faire des sacrifices pendant des années pour s’entraîner. Ce n’est pas évident si l’on veut aussi une vie de famille, des enfants, aller au cinéma et au restaurant. Le conseil que je peux donner aux pratiquants et futurs pratiquants, c’est de trouver une discipline qui leur donne du plaisir, c’est très important. De trouver le club et le professeur qui correspondent à leurs attentes, quitte à changer ensuite lorsque les attentes évoluent. De réfléchir au temps qu’ils ont envie d’investir dans leur pratique en prenant en compte leur situation. De pratiquer régulièrement comme si cela fait partie des choses de la vie comme manger, dormir ou se laver (la pratique de l’art martial permet de se laver de l’intérieur). Pour les pratiquants avancés, ne jamais être satisfait et avoir toujours envie d’apprendre.
Sources : http://www.webmartial.com
Site internet : http://www.pascal-plee.com





